Nina SIMONE

Nina SIMONE
Le début de la carrière
Elle quitta rapidement son travail chez le photographe et travailla comme pianiste chez Arlene Smith, professeur de piano, pour accompagner ses élèves. Elle quitta ce travail au bout d'un an et s'installa à son compte, dans son minuscule studio, emmmenant une partie de la clientèle de son ancienne patronne. Cette période de sa vie fut très dure mais lui permettait d'être indépendante et de payer les cours du professeur Vladimir Sokhaloff. Elle vivait seule, sans amie ni amant, allant au cinéma une fois de temps en temps. Ce fut la rencontre avec Faith Jackson, prostituée noire de luxe connu sous le nom de Kevin Mathias, qui lui fit connaitre la vie. C'est Faith qui l'emmena à Atlantic City en 1954 pour une durée de deux mois où elle décrocha une place de pianiste au Midtown Bar & Grill payée le triple de ce qu'elle gagnait à Philadelphie.

Pour cacher à ses parents cette activitée, elle prend le nom de Nina Simone. « Nina » vient de l'espagnol "niña" (fille) et Simone, de Simone Signoret,son actrice favorite, qu'elle vit dans le film Casque d'or à Philadelphie . La première journée, elle ne fait que jouer au piano et le patron du bar l'avertit que si elle ne chante pas, elle est renvoyée. Elle chanta donc. Bien que ce ne fut pas un grand succès, son style s'imposa peu à peu entrainant un changement dans l'atmosphère du bar. Elle revint à Philadelphie où sa vie reprit son cours.

En 1955 elle consulta un psychanalyste pendant un an et refait la saison estivale au Midtown Bar & Grill et rencontre Tex Axelrod, passionné de musique, qui lui fait découvrir les différents types de musique et notamment Billie Holiday. C'est sous son impulsion qu'elle chante I love you porgy. En rentrant de cette saison, elle renvoie ses élèves et tente sa chance dans les clubs de Philadelphie. Elle passe son temps entre les cours chez Vladimir Sokhaloff et ses engagements. Personne ne la remarque comme à Atlantic City. Elle avoue à ses parents d'où vient l'argent qu'elle leur envoie tous les mois. Cette révèlation coupe les derniers liens avec sa mère qui est contre la musique du diable.

1956 est l'année où la cour suprême juge la ségrégation raciale dans les bus contraire à la Constitution. Elle fait une troisième saison au Midtown Bar & Grill où le propriètaire l'attend avec impatience: sa présence lui permet d'afficher complet tout les soirs. Elle rencontre là Don Ross, un fétard sans ambition, mais qui fut son premier vrai amour. Un agent artistique new-yorkais, Jerry Fields, est ébloui après l'avoir écoutée. Il lui propose un contrat mais demande l'exclusivité. Elle accepte et bientôt reçoit des offres d'engagements dans plusieurs clubs. Dans un de ces clubs, elle y rencontre le guitariste Alvin Schackman et signe un premier contrat avec Syd Nathan dirigeant du label King Records. Elle enregistre un premier disque de quatorze titres en une seule journée.


L'envol

Le succès vient peu à peu et Nina Simone enregistre ses premiers disques. Son premier album remporte un grand succès et le single qui en est extrait (I love you porgy / he needs me) est vendu à un million d'exemplaires.

En 1961, elle épouse Andy Stroud, un inspecteur de police qui devient son manager. En 1962 naît leur fille Lisa Celeste Stroud. Nina Simone, très concernée par les droits civiques et notamment le racisme, enregistre plusieurs chansons à ce sujet. En 1969, elle obtient à nouveau un grand succès en reprenant « Ain't got no/I got life », issu de la comédie musicale Hair. Toujours très concernée par le racisme, elle quitte son pays et passe les années qui suivent entre plusieurs pays : Libéria, Suisse, Trinité, Hollande, Belgique, Grande-Bretagne et France. Elle se sépare de Stroud en 1970. En 1978 elle est arrêtée (et rapidement relâchée) pour avoir refusé de payer ses impôts au début des années 1970, en protestation contre l'engagement de son pays dans la Guerre du Viêt Nam.

En 1987, sa chanson My Baby Just Cares For Me, extraite de son tout premier album, est utilisée dans une publicité pour le parfum Chanel numéro 5. Le disque est réédité et rencontre un énorme succès. En 2001, son tube Feeling good est repris par le groupe anglais Muse. En 1993, Nina Simone part vivre vers Aix-en-Provence, dans le sud de la France. Elle décède le 21 avril 2003 dans le village de Carry-le-Rouet dans les Bouches-du-Rhône

# Gepost op dinsdag 28 november 2006, 15u54

Ray Charles

Ray Charles
Ray Charles Robinson est né le 23 septembre 1930 dans une famille très pauvre d'Albany en Géorgie et a été élevé par sa mère à Greenville en Floride. Il eut une enfance difficile ; en effet, après avoir assisté impuissant à la noyade de son jeune frère de 3 ans, il contracte un glaucome à l'âge de quatre ans. À sept ans, sa cécité est complète et il doit être placé dans un établissement spécialisé.

C'est dans cette école que durant neuf ans, il va apprendre la composition, ainsi que la pratique de plusieurs instruments dont le piano et le saxophone alto. Bien que l'enseignement musical qu'il y reçoit soit essentiellement classique, ses préférences vont dès cette époque vers les musiques de son enfance : le gospel, le blues et le jazz.

Âgé de quinze ans, il perd sa mère et décide de quitter l'institution. Il se fait héberger par une amie de sa mère à Jacksonville, où il commence à travailler comme musicien. Il tente ensuite sa chance à Orlando, puis à Tampa, gagnant à grand peine de quoi survivre en jouant du piano dans des orchestres de danse.

Ce n'est qu'en 1947, après avoir traversé tout le pays pour s'installer à Seattle, qu'il commence à se produire dans les clubs comme chanteur, avec sa propre formation. C'est là qu'il rencontre Quincy Jones, avec qui il se lie d'amitié. Après plusieurs disques sans succès, il enregistre «Baby, Let Me Hold Your Hand», qui se place dans les premières places des R&B charts en 1951. Il commence alors à forger sa personnalité musicale, s'éloignant peu à peu de ses premières influences, Nat King Cole et Charles Brown.

Aidé par Atlantic Records, sa maison de disques, qui lui laisse toute liberté de création, Ray Charles va connaître une décennie de succès. Son premier gros hit est «I Got a Woman». Viennent ensuite «Hallelujah I Love Her So», «Drown in My Own Tears», «This Little Girl of Mine», «The Right Time», qui se placent très bien dans les R&B charts. Il faut attendre la sortie de «What'd I Say» en 1959 pour que le succès soit complet : c'est en effet son premier hit dans les pop charts.

Fermement décidé à continuer sa percée en direction du marché pop, le chanteur quitte Atlantic pour ABC Paramount en 1959, plus à même de lui offrir une passerelle vers le public blanc. C'est ainsi que «Georgia On My Mind», «Hit the Road Jack» et «I Can't Stop Loving You» vont se succéder entre 1960 et 1962 à la première place des pop charts, alors que d'autres titres comme «One Mint Julep», «Unchain My Heart» ou «You Are My Sunshine» continuent de culminer dans les R&B charts. Ray Charles réussit ce dont beaucoup d'artistes soul rêvaient : Le « crossover », toucher à la fois le public blanc et le public noir.

Les affaires marchent alors tellement bien pour Ray Charles que, associé à son manager Joe Adams, il monte sa propre société, Ray Charles Enterprises. C'est aussi malheureusement une période où il doit faire face à de sérieux problèmes de dépendance à l'héroïne. Malgré un petit passage à vide, Ray Charles revient en force en 1966, avec «Let's Go Get Stoned». Après quelques chansons aux résultats encore honorables (dont ses reprises de «Yesterday» et «Eleonor Rigby» des Beatles), Ray Charles disparaît peu à peu des charts.

Au cours des années 1980, Ray Charles fait quelques apparitions sporadiques, à l'occasion d'évènements tels que le film «The Blues Brothers» ou la chanson «We Are The World» au bénéfice de USA For Africa. Mais malgré de nombreux changements de maison de disque, il n'obtient plus que de petits succès. Seule exception, son duo avec Chaka Khan en 1989, «I'll Be Good to You», qui le réconcilie brièvement avec les pop charts.

Alors qu'il avait atteint un âge assez avancé, et qu'il souffrait d'une désaffection du grand public, Ray Charles continuait pourtant inlassablement de tourner dans le monde entier. Parmi les très nombreuses récompenses et distinctions qu'il a reçues au cours de sa carrière, on compte douze Grammy Awards. Il a été l'un des premiers à entrer au Rock'n'Roll Hall of Fame en 1986. Il a été fait Chevalier des Arts et Lettres en 1986. Sans oublier bien sûr que la chanson «Georgia On My Mind» a été consacrée hymne officiel de l'État de Géorgie en 1979.

Il meurt dans sa 74ème année d'une maladie du foie le 10 juin 2004 dans sa maison de Beverly Hills. Il est enterré au cimetière d'Inglewood (Inglewood Park Cemetery), en Californie.

Marié deux fois, il a eu douze enfants: Ray Jr, David, Robert, Charles, Alexandria, Reatha, Robyn, Evelyn, Raenee, Sheila, Vincent et Corey

# Gepost op vrijdag 01 december 2006, 16u16

Ella Fitzgerald

Ella Fitzgerald
Ella Fitzgerald (25 avril 1917 - 15 juin 1996) est l'une des plus importantes chanteuses de jazz.

Connue sous le surnom de « The First Lady of Song » (littéralement « La Première Dame de la chanson », mais traduit plus volontiers par « La Grande Dame du Jazz »), elle a remporté de nombreuses récompenses, dont 13 Grammy Awards.

Avec une tessiture de voix de trois octaves, elle est remarquable pour la pureté de sa voix et sa capacité d'improvisation, particulièrement en scat.

L'une de ses improvisations les plus célèbres est celle qu'elle a faite en concert sur Mack the Knife (extrait de L'Opéra de quat'sous) lors d'un concert à Berlin en 1960, morceau au cours duquel elle a eu un trou de mémoire et qu'elle a poursuivi sans hésitation en alternant scat et paroles improvisées.

Cette version de Mack the Knife est certainement, avec Mr Paganini et How High the Moon, l'un des succès les plus connu d'Ella Fitzgerald.

Une autre de ses improvisations fameuses eut lieu au cours d'un concert à Antibes / Juan-les-Pins à l'été 1964, alors qu'elle se produisait dans la Pinède Gould à l'occasion du Festival Jazz à Juan, quand elle rendit hommage aux cigales qui l'accompagnaient (The Cricket Song).


Biographie

Ella FitzgeraldElla Jane Fitzgerald naît le 25 Avril 1917 à Newport News en Virginie, et a grandi du versNew York. Sa mère travaillait dans une blanchisserie, et son père avait abandonné le domicile conjugal peu de temps après sa naissance. Elle rêvait alors d'être danseuse.

Elle commence à chanter à 16 ans en 1934 au théâtre Apollo de Harlem à New York dans une des premières Amateurs Nights qu'elle remporte, contribuant autant à la gloire de l'Apollo qu'à la sienne. Elle est remarquée par Bardu Ali de l'orchestre de Chick Webb, qui convainquit Webb de l'engager.

CBS était sur le point de signer un contrat avec elle, lorsque sa mère mourut, la laissant orpheline. Elle dut se contenter de participer à des concours.

Ayant gagné en 1935 une audition pour une semaine, elle commence à jouer avec l'orchestre de Webb au Savoy de Harlem en 1935. Elle enregistre quelques tubes avec lui, dont le célèbre If You Can't Sing It, You'll Have to Swing It, Love and Kisses, mais c'est sa version de la berceuse A Tisket, a Tasket qui la fit connaître.

Quand Chick Webb meurt en 1939, l'orchestre continue sous le nom de « Ella Fitzgerald and Her Famous Orchestra ».

Elle commence une carrière solo en 1941. Au début, chanteuse de swing, elle aborde aussi le bebop, elle est la reine du scat, et elle a joué du blues, de la samba, du gospel etc., et même des chants de Noël. Ses concerts sont souvent enrichis par des imitations d'autres chanteurs; elle imite en particulier à la perfection les voix et les gestes aussi bien de Rose Murphy que de Louis Armstrong.

Elle quitte Decca en 1955. La compagnie Verve a été créée au départ pour elle par son manager Norman Granz.

Ses morceaux les plus connus sont une série produite par Norman Granz sur des chansons écrites par les plus grands compositeurs américains du moment comme George Gershwin (avec l'orchestre de Nelson Riddle), Cole Porter, Duke Ellington...

Avec l'orchestre de Duke Ellington, elle fait des tournées en Europe et en Amérique du Nord. Elle ouvrait le concert avec le morceau de Duke Ellington Take the 'A' Train; elle fut une des rares à chanter des paroles sur ce morceau.


Ella Fitzgerald en 1940Elle a joué en concert avec les plus importants groupes et solistes. Son vrai rôle était « instrumentiste de la voix ». Elle chante avec de nombreux partenaires instrumentaux comme Oscar Peterson, Count Basie (On the Sunny Side of the Street), Roy Eldridge Joe Pass (Speak Love), Dizzy Gillespie, et le trio de Tommy Flanagan. Elle a aussi chanté avec d'autres voix du jazz comme Nat King Cole ou de grands interprètes de variétés, quoique proche du jazz, comme Frank Sinatra.

Porgy and Bess est son enregistrement le plus connu avec la légende du jazz qu'était Louis Armstrong, mais elle a aussi enregistré avec Satchmo le célèbre album Ella and Louis qui eut un tel succès que Granz leur demanda d'enregistrer un Ella and Louis Again, qui fit également un succès.

Ella apparaît aussi avec Peggy Lee comme actrice et chanteuse dans le film de Jack Webb, Pete Kelly's Blues. Elle apparaît aussi dans les films Ride 'Em Cowboy, St. Louis Blues, et Let No Man Write My Epitaph.

Elle s'est mariée deux fois, une première fois avec Benny Kornegay, mais le mariage a été annulé, et une seconde fois avec le célèbre bassiste Ray Brown.

Déjà devenue aveugle par son diabète, on dut l'amputer des jambes en 1993 et elle mourut à Beverly Hills en 1996.

La chanteuse France Gall a chanté une chanson en son hommage Ella, elle l'a dans les années 1980.


Discographie
1950 : Ella Sings Gershwin (Decca)
1954 : Songs in a Mellow Mood (Decca)
1955 : Songs from Pete Kelly's Blues (Decca)
1956 : Sings the Cole Porter Songbook (Verve)
1956: Ella and Louis (Verve)
1956: Sings the Rodgers & Hart Songbook (Verve)
1957 : Ella and Louis Again (Verve)
1957: Sings the Duke Ellington Songbook (Verve)
1957: Ella at the Opera House (Verve)
1957: Like Someone in Love (Verve)
1957: Porgy and Bess (Verve)
1958 : Ella and Billie at Newport (Verve)
1958: Ella Swings Lightly (Verve)
1958: Sings the Irving Berlin Songbook (Verve)
1958: Ella in Rome: The Birthday Concert (Verve)
1959 : Get Happy! (Verve)
1959: Sings Sweet Songs for Swingers (Verve)
1959: Sings the George and Ira Gershwin Songbook (Verve)
1960 : Ella in Berlin: Mack the Knife (Verve)
1960: Wishes You a Merry Christmas (Verve)
1960: Hello, Love (Verve)
1960: Sings Songs from Let No Man Write My Epitaph (Verve)
1960: Sings the Harold Arlen Songbook (Verve)
1961 : Ella in Hollywood (Verve)
1961: Clap Hands, Here Comes Charlie! (Verve)
1961: Ella Returns to Berlin (Verve)
1962: Rhythm Is My Business (Verve)
1962: Ella Swings Brightly with Nelson (Verve)
1962: Ella Swings Gently with Nelson (Verve)
1963 : Ella Sings Broadway (Verve)
1963: Sings the Jerome Kern Songbook (Verve)
1963: Ella and Basie! (Verve)
1963: These Are the Blues (Verve)
1964 : Hello, Dolly! (album)|Hello, Dolly! (Verve)
1964: Sings the Johnny Mercer Songbook (Verve)
1965 : Ella at Duke's Place (Verve)
1965: Ella in Hamburg (Verve)
1966 : Whisper Not (Verve)
1966: Ella and Duke at the Cote D'Azur (Verve)
1967 : Brighten the Corner
1967: Ella Fitzgerald's Christmas
1968 : 30 by Ella
1969 : Watch What Happens
1969: Ella (Reprise)
1970 : Things Ain't What They Used to Be (Reprise)
1970: Ella in Budapest, Hungary (Pablo)
1971 : Ella A Nice (Pablo)
1972 : Ella Loves Cole (Atlantic)
1973 : Newport Jazz Festival: Live at Carnegie Hall (Columbia Records)
1973: Take Love Easy (Pablo)
1974 : Ella Fitzgerald Jams (Pablo)
1974: Ella in London (Pablo)
1975 : Ella and Oscar (Pablo)
1975: Montreux '75 (Pablo)
1976 : Fitzgerald and Pass... Again (Pablo)
1977 : Montreux '77 (Pablo)
1978 : Lady Time (Pablo)
1978: Dream Dancing (Pablo)
1979 : Digital III at Montreux (Pablo)
1979: A Classy Pair (Pablo)
1979: A Perfect Match (Pablo). Ce concert public de 1979 au festival de jazz de Montreux est aussi diffusé sur le DVD Ella and Basie - the Perfect Match, '79.
1981 : Ella Abraca Jobim (Pablo)
1982 : The Best Is Yet to Come (Pablo)
1983 : Speak Love (Pablo)
1983: Nice Work If You Can Get It (Pablo)
1986 : Easy Living (Pablo)
1989 : All That Jazz (Pablo)
...==Extrait==

April in Paris par Ella Fitzgerald et Louis Armstrong
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# Gepost op vrijdag 01 december 2006, 16u21

Charlie Parker

Charlie Parker
Charles Parker Jr, est un saxophoniste alto américain né le 29 août 1920 à Kansas City, mort le 12 mars 1955 à New York.

D'abord appelé Yardbird (le bleu) au début de sa carrière, surnom dont l'origine se perd dans des dizaines d'explications différentes, son surnom sera ensuite raccourci en Bird (l'oiseau), qui le suivra tout au long de sa vie. Parker est considéré comme l'un des musiciens de jazz les plus doués et innovateurs de tous les temps. Il est souvent crédité comme étant l'inventeur du style be-bop, ce qui n'est probablement que partiellement exact. Décédé jeune au terme d'une vie aventureuse, il est l'objet d'une véritable légende, où il est souvent difficile de démêler le vrai du faux.

Chaque année a lieu au mois d'août le Charlie Parker Festival, dans une galerie d'art, Tribes Gallery à New York (285 third street NY, NY).

Fils unique de Charles Parker Senior, pianiste et danseur itinérant, puis steward dans les chemins de fer, et d'Addie Parker, le jeune Charlie chante dans la chorale de son école, puis se passionne pour le jazz, dont Kansas City est à l'époque la Mecque, en même temps que celle du jeu, de la prostitution, de la drogue et du trafic d'alcool - nous sommes sous la Prohibition. Dès 11 ans, Parker commence à jouer du saxophone, pour intégrer l'orchestre de son école à l'âge de 14 ans. De nombreux témoignages concordent pour affirmer qu'il ne fait montre dans ses jeunes années que d'un médiocre talent pour la musique, qu'il compense tant bien que mal par un enthousiasme débordant. Dans le Kansas City de cette époque, où les musiciens des grands orchestres de jazz comme celui de Count Basie luttent pour la reconnaissance dans des jam-sessions qui sont autant d'affrontements sans merci, un jeune saxophoniste sans expérience ni connaissances comme Charlie n'a que peu de chances de parvenir à percer.

À l'âge de 17 ans, il parvient malgré tout à intégrer des orchestres de Kansas City pour quelques dates, et perfectionne sa technique naissante auprès de Buster Smith. Grand admirateur de Lester Young, alors le roi de la ville avec Coleman Hawkins, Charlie tente de les égaler en s'imposant dans les jam-sessions, mais ne parvient qu'à subir de cruelles humiliations.

En 1937, il intègre finalement le groupe du pianiste Jay McShann, avec qui il tourne dans toute la région et jusqu'à New York, et enregistre ses premiers morceaux.


New York : l'Oiseau tombe du nid
En 1939, Parker quitte Kansas City, dont la scène jazz s'essouffle, victime de l'abolition de la Prohibition qui ruine tripots clandestins, principaux employeurs de musiciens, pour gagner New York. Il y trouve un emploi de plongeur dans les cuisines d'un restaurant où joue régulièrement Art Tatum, génie du piano qui aura sur lui une influence considérable, notamment par son époustouflante maîtrise de l'harmonie.

En 1942, Parker quitte le groupe de McShann pour jouer pendant 8 mois aux côtés de Earl Hines. On situe à cette époque les débuts du be-bop, bien que peu d'informations et aucun enregistrement - à cause d'une grève du syndicat des musiciens - ne puissent en témoigner. Il semble pourtant que ce style ait été inventé, ou tout du moins formalisé par un groupe de jeunes jazzmen dont Parker, qui a fait des progrès musicaux stupéfiants au cours des mois précédents, fait partie avec le trompettiste Dizzy Gillespie, le pianiste Thelonious Monk, le guitariste Charlie Christian et les batteurs Max Roach et Kenny Clarke. Elaborée au cours des jam-session d'après concert dans les clubs de la ville, cette nouvelle musique extrêmement complexe a pour but, comme le résuma plus tard Monk, de créer quelque chose "qu'ils ne puissent pas jouer", "ils" désignant les musiciens des grands orchestres, souvent blancs, qui pratiquaient une forme plus commerciale de Jazz.

Pour cela, le be-bop allonge les temps d'improvisation dans les morceaux et accélère le tempo. Harmoniquement il intègre les gammes altérées dans le jeu et sort des cadres traditionnels d'improvisation tout en conservant les morceaux traditionnels du jazz. Le thème fétiche de Bird, Cherokee en est l'exemple le plus parfait dès 1947. C'est avec le be-bop que Charlie Parker deviend la légende que nous connaissons, et qui a parfois tendance à occulter la réalité de sa vie...


Le Be-bop : l'Oiseau prend son envol
L'émergence subite et peu ou pas documentée du be-bop a donné lieu à de très nombreuses histoires, dont beaucoup furent colportées par les musiciens eux-mêmes. Ainsi Charlie Parker a raconté à un journaliste dans les années 50 que les principes de ce genre musical lui étaient venus subitement alors qu'il jouait Cherokee dans un club, lui dévoilant dans une sorte d'illumination une nouvelle manière de structurer ses solos qui lui permettrait enfin de jouer la musique qu'il avait dans la tête depuis des années.

La réalité est sans doute plus prosaïque : le be-bop, art fondé sur l'improvisation, était déjà en gestation dans les jam-sessions acharnées des années 30 de Kansas City, à l'époque de la jeunesse de Charlie Parker. Au départ rejeté par les pointures du Jazz, ce genre n'a commencé à avoir un véritable impact majeur que fin 1945, avec le premier enregistrement du groupe de Dizzy Gillespie pour le label Savoy. Cette session, pompeusement surnommée depuis "la plus grande session de Jazz de tous les temps" a fourni nombre d'enregistrements mythiques, parmi lesquels Ko-Ko (basé sur les accords de Cherokee), Now's the Time, Billie's Bounce, et Thriving on a Riff. Avec cette session, le be-bop s'impose enfin comme un genre de Jazz à part entière, ce qu'il reste encore de nos jours.


Les démons de l'Oiseau
Peu après cette fameuse session, le groupe de Gillespie et Parker se sépare, Charlie restant en Californie, où le groupe a joué quelques concerts qui ne se sont pas déroulés idéalement. L'une des raisons de ces deux événements est sans doute le comportement de plus en plus incontrôlable de Parker.

En effet, le saxophoniste avait développé, dès ses années d'adolescence, une addiction profonde aux opiacés après un traitement à la morphine dans un hôpital. De la morphine il passa rapidement à l'héroïne, ce qui devait empoisonner sa vie et finalement causer son décès prématuré. Pire encore, cette dépendance, rapidement devenue de notoriété publique, poussa par la suite de nombreux jazzmen à se droguer eux-même dans l'espoir de capter une étincelle du génie de Parker. Par la suite, le jazz resta associé aux narcotiques durant plusieurs décennies, ce qui a grandement contribué à détruire le mouvement be-bop dans son ensemble, et a coûté au jazz de nombreux musiciens de talent, abattus en pleine ascension par le cauchemar de l'héroïne.

Les conséquences de cette addiction furent très graves pour Parker, souvent plus soucieux de se procurer ses doses que d'arriver à l'heure - ou même d'arriver tout court - aux concerts et sessions d'enregistrements. La fin des années 40 fut pour lui ponctuée par des annulations de concerts et une succession de péripéties tragi-comiques (incendies de lits d'hôtel, fuite dans la rue vêtu de ses seules chaussettes...) qui se terminèrent par un séjour de 6 semaines à l'Hôpital psychiatrique de Camarillo.


Charlie Parker au sommet
À sa sortie d'hôpital, Paker est en pleine forme, débarrassé de ses problèmes de drogue et prêt à se replonger dans la musique. Il produira les années suivantes quelques uns des plus grands disques de jazz de tous les temps, dont certains avec ce qu'on surnomme depuis son "quintet classique", comprenant Miles Davis à la trompette et Max Roach à la batterie.

Appliquant à des chansons populaire américaines et à des Blues son extraordinaire talent d'improvisateur, Parker produit à cette époque des morceaux d'une complexité stupéfiante mais qui ne perdent jamais de vue l'émotion. Ainsi, l'écoute de son chef-d'½uvre Parker's Mood reste aujourd'hui encore l'une des expériences musicales les plus profondes et émouvantes que puisse faire un amateur de Jazz.

Au début des années 1950, Charlie Parker est le roi du jazz : ses disques se vendent très bien et son impact sur le monde du jazz est sans précédent depuis Louis Armstrong, plus de 20 ans plus tôt. Des armées de saxophonistes, professionnels comme amateurs, imitent son jeu, parfois note à note, avec plus ou moins de bonheur. Même parmi ceux qui tentent d'échapper à son influence, très peu y parviendront, et cela est sans doute vrai de nombreux musiciens de jazz encore aujourd'hui.

Après des années de starification parfois excessive, pendant lesquelles il ne parvint pas toujours à se tenir éloigné de l'héroïne ou à calmer ses pulsions auto-destructrices, Charlie Parker meurt à New York chez la baronne Pannonica de Koenigswarter, alors qu'il regardait la télévision, à l'âge de seulement 34 ans. Sa mort sera officiellement attribuée à une pneumonie et un ulcère, elle est sans doute le résultat de ses excès avec l'alcool et la drogue. Le médecin légiste chargé d'examiner le corps le trouvera si abîmé et épuisé qu'il estime son âge entre 50 et 60 ans - une erreur de près de 20 ans !

Charlie Parker laisse une veuve et deux enfants : Kim Parker, musicienne elle aussi, et Baird Parker, qui mourra pendant la guerre du Vietnam. Il laisse également des millions de fans orphelins. Pendant plusieurs mois suivant sa mort, les murs de New York seront couverts d'un graffiti énigmatique : Bird Lives! (littéralement 'L'oiseau vit').


Compositions
Ah-Leu-Cha
Anthropology
An Oscar for Treadwell
Another Hairdo
"Au Privave"
Back Home Blues
Ballade
Be-bop
Billie´s Bounce
Bird gets the Worm
Bird of Paradise
Bloomdido
Blue Bird
Blues for Alice
Buzzy
Card Board
Celerity
Chasing the Bird
Cheryl
Chi Chi
Confirmation
Constellation
Cosmic Rays
Dewey Square
Dexterity
Diverse
Donna Lee (avec Miles Davis)
Fast Blues
Kim
Klaun Stance
Ko-Ko
Laird Baird
Leap Frog
Marmaduke
Merry-go-Round
Moose the Mooche
Mohawk
My little Suede Shoes
Now´s the Time
Ornithology
Parker´s Mood
Passport
Perhaps
Quasimodo
Red Cross
Relaxing with Lee
Scrapple from the Apple
Shaw Nuff (avec Dizzy Gillespie)
She Rote
Si Si
Steeplechase
The Bird
Thriving from a Riff
Visa
Warming up a Riff
Yardbird Suite
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# Gepost op vrijdag 01 december 2006, 16u30

Louis Armstrong

Louis Armstrong
Louis Daniel Armstrong (4 août 1901[1] – 6 juillet, 1971) (prononcer « Louis » à la française), aussi connu sous les surnoms de Satchmo (pour satchel-mouth, littéralement bouche-sacoche) ou Pops, était un musicien américain de jazz. Réputé charismatique, innovant et possédant un talent musical exceptionnel, il transforma le jazz du statut d'une musique régionale peu connue en un courant culturel populaire. Étant probablement le musicien de jazz le plus célèbre du XXe siècle, il fut tout d'abord reconnu pour ses qualités de trompettiste avant de développer au fil de sa carrière des aptitudes au chant et ainsi devenir l'un des chanteurs de jazz les plus influents de son époque.
Sa jeunesse
Louis Armstrong est né le 4 août 1901 dans une famille pauvre de La Nouvelle-Orléans (Louisiane, États-Unis). Son enfance fut marquée par l'absence de son père, William Armstrong, qui abandonna sa famille quand Louis était encore tout jeune. Il grandit dans un quartier difficile et fut envoyé plusieurs fois dans un foyer pour enfants de couleur abandonnés, le Home for Colored Waifs, en raison de plusieurs actes de délinquance. Il y fit notamment un long séjour suite à, selon les fichiers de la police, un coup de feu tiré en l'air avec un pistolet à l'occasion des célébrations de la nouvelle année. Il apprit à jouer du cornet à pistons dans l'orchestre de ce centre, achetant son premier instrument grâce à l'argent prêté par les Karnofsky, une famille juive d'origine russe. Il assista fréquemment aux parades des brass-bands et écouta les vieux musiciens à chaque fois qu'il en eut l'occasion, apprenant de Bunk Johnson, Buddy Petit et par dessus tout Joe « King » Oliver. Ce dernier fut son mentor et joua presque le rôle du père qui avait manqué au jeune Armstrong. Il joua plus tard dans les brass-bands et sur les bateaux de La Nouvelle-Orléans et commença à voyager avec le fameux orchestre de Fate Marable qui se produisait sur un bateau à vapeur qui naviguaient sur le Mississippi. Il décrivit cette époque comme « aller à l'université », dans la mesure où jouer avec Marable lui fit gagner beaucoup d'expérience, notamment en travaillant sur des arrangements écrits. Quand Joe Oliver quitta la ville en 1919, Louis Armstrong prit sa place dans l'orchestre de Kid Ory, considéré alors comme le meilleur orchestre de hot jazz de La Nouvelle-Orléans.


Le début de sa carrière.
En 1922, Armstrong prit part à l'exode vers Chicago, où il fut invité par Joe « King » Oliver à se joindre à son Creole Jazz Band. L'orchestre d'Oliver fut le meilleur et le plus influent orchestre de hot jazz de Chicago au début des années 1920, au moment où Chicago était le centre du jazz. Louis Armstrong fit ses premiers enregistrements, parmi lesquels des soli et des improvisations, en tant que second trompettiste dans le groupe de Joe Oliver en 1923.

Louis Armstrong était heureux de travailler avec Oliver, mais sa femme, la pianiste Lil Hardin Armstrong, le pressa de chercher à travailler avec des artistes plus renommés afin de lancer sa carrière. Il se sépara donc amicalement d'Oliver en 1924 et partit pour New York pour jouer avec l'orchestre de Fletcher Henderson, l'un des groupes afro-américains les plus en vue à l'époque. Il fit parallèlement beaucoup d'enregistrements organisés par un de ses vieux amis de La Nouvelle-Orléans, le pianiste Clarence Williams, parmi lesquels des morceaux pour orchestres de jazz restreints (notamment des duos avec Sidney Bechet, un de ses rares rivaux en matière de technique), ainsi que quelques accompagnements pour des chanteurs de blues.

Il revint à Chicago en 1925 et commença à enregistrer sous son propre nom avec les célèbres Hot Five et Hot Seven, produisant des succès comme Potato Head Blues, Muggles (sur le sujet de la marijuana, pour laquelle Armstrong eut un penchant toute sa vie), et West End Blues. Ces morceaux établirent une nouvelle référence dans le domaine du jazz pour de nombreuses années. L'introduction d'Armstrong à la trompette dans West End Blues reste une des plus célèbres improvisations de l'histoire du jazz.

Armstrong repartit à New York en 1929, puis alla à Los Angeles en 1930, et effectua une tournée à travers l'Europe. En 1935, il se rompt l'orbicularis oris, un muscle labial et est obligé de mettre sa carrière de trompettiste en parenthèse pendant un an. Les lèvres meurtris, il ne retrouvera jamais sa virtuosité. Après avoir passé de nombreuses années sur la route, il s'installe de façon permanente dans le Queens (New York) en 1943. Bien que soumis aux vicissitudes de Tin Pan Alley et au fait que l'industrie musicale de l'époque était dirigée par des gangsters, il continua à développer ses qualités de musicien.

Pendant les trente années qui suivirent, Louis Armstrong a joué en moyenne plus de 300 concerts par an. Au cours des années 1940, les réservations pour les orchestres ont progressivement diminué à cause des changements de goût du public : les salles de bal se sont fermées, et la concurrence de la télévision et des autres genres de musique qui sont devenues plus populaires que la musique d'orchestre se sont faites de plus en plus fortes. Il est devenu impossible de soutenir et de financer un orchestre de tournée de 16 musiciens.


The All Stars
Vers 1950, Louis Armstrong divisa son groupe en 6 parties, revenant donc au style Dixieland qui le rendit célèbre à ses débuts. Ce groupe fut appelé « the All Stars », auquel participèrent des musiciens tels que Barney Bigard, Jack Teagarden, Trummy Young, Arvell Shaw, Marty Napoleon, Big Sid Catlett ou Barrett Deems. À cette époque, il enregistra beaucoup et apparut dans plus de 30 films. En 1964, il enregistra son titre le plus célèbre et le plus vendu : Hello, Dolly.

Louis Armstrong continua ses tournées sur un rythme effréné et ne s'arrêta que quelques années avant sa mort. Dans ses dernières années, il jouait parfois l'un de ses nombreux concerts par c½ur, mais d'autres fois, il électrisait le concert le plus mondain de son jeu vigoureux, souvent à l'étonnement de son groupe. Il connut également des tournées à succès en Afrique, en Europe et en Asie avec le soutien du Département d'État américain et fut bientot surnommé « Ambassador Satch ». En dépit d'une santé plus fragile durant les dernières années de sa vie, il continua à jouer autant que son état le lui permettait jusqu'à son dernier jour.


Personnalité
Les surnoms Satchmo ou Satch proviennent de Satchelmouth (bouche en forme de sacoche, qui décrivait son embouchure). En 1932, Percy Brooks, qui était alors rédacteur au magazine Melody Maker accueilli Louis Armstrong à Londres par un "Bonjour Satchmo", raccourcissant Satchelmouth (certains disent que c'était involontaire), et ce surnom est resté. Plus tôt, il a aussi été connu sous le surnom de Dippermouth (Bouche plongeante). Ces termes font référence à la manière dont il tenait sa trompette lorsqu'il jouait. Elle était placée sur ses lèvres de telle façon que lorsqu'il jouait de longues heures, elle s'enfonçait dans sa lèvre supérieure, d'où le terme "Dippermouth". Cette pénétration de la trompette sous sa lèvre est effectivement visible sur de nombreuses photographies de Louis Armstrong de cette période, et l'amena à développer sa carrière de chanteur étant donné qu'à partir d'un certain point, il n'était plus capable de jouer. Cependant, cela ne l'arrêta pas, et après avoir mis sa trompette de côté pendant un temps, il modifia son style de jeu et continua sa carrière de trompettiste. Ses amis et les musiciens qui le cotoyaient l'appelaient habituellement Pops, terme qu'Armstrong utilisait aussi en général pour s'adresser à ses amis et aux musiciens qu'il cotoyait (à l'exception de Pop Foster, qu'Armstrong appelait toujours "George").

Le surnom "Satchmo" et la chaleureuse personnalité de Louis Armonstrong, combinés avec son amour naturel du spectacle et du dialogue avec le public en firent une personnalité publique — la grimace, la sueur et le mouchoir — qui finit par sembler feinte et même devint une sorte de caricature raciste tard dans sa carrière.

Il fut aussi critiqué pour avoir accepté le titre de "Roi des Zulus" pour le Mardi Gras en 1949. C'est un rôle honoré par la communauté Afro-américaine de la Nouvelle Orléans en tant que tête du carnaval Krewe, mais ahurissant ou offensant pour les étrangers de par leur costume traditionnel constitués de jupes tressées avec de l'herbe et de maquillage noir sur le visage, satirisant les attitudes des sudistes blancs.

L'apparente insensibilité au problème racial de l'apparition d'Armstrong en Roi des Zulus a parfois été vue comme un exemple d'un plus large échec de la part d'Armstrong. Là où certains virent une personnalité grégaire et sortante, d'autres virent quelqu'un qui essayait trop de plaire au public blanc et qui devenait surtout une caricature de troubadour. Certains musiciens critiquèrent Armstrong parce qu'il jouait face à des publics discriminants, et parce qu'il ne prenait pas assez parti pour le mouvement des droits civiques, ce qui suggérait qu'il était un Oncle Tom. Billie Holiday retorqua cependant "Bien sûr, Pops est un tom, mais c'est un tom qui a du c½ur".

Armstrong était en fait un des principaux défenseurs de Martin Luther King Jr. et d'autres activistes pour les droits civiques, mais il préférait travailler tranquillement en dehors des scènes, et ne pas mélanger son travail et le spectacle. Le peu d'exceptions qu'il fit furent d'autant plus efficaces lorsqu'il parlait; la critique qu'il fit de Eisenhower, Président des États-Unis d'Amérique en l'appelant "double face" et "mou" en raison de son inaction lors du conflit sur la discrimination au sein de l'école à Little Rock, Arkansas en 1957 fit la une nationale. En signe de protestation, Armstrong annula une tournée organisée en Union Soviétique au nom du département d'état, en disant "Etant donné la façon dont ils traitent mon peuple dans le Sud, le gouvernement peut aller en enfer" et qu'il ne pouvait pas représenter son gouvernement à l'étranger alors qu'il était en conflit avec son propre peuple.

C'était un homme extrèmement généreux dont on disait qu'il avait donné autant d'argent qu'il en avait gardé pour lui même. Armstrong eut aussi de sérieux problèmes avec sa santé et ses fonctions corporelles. Il fit un usage abondant de laxatifs afin de controller son poids, une pratique qu'il défendit à la fois pour ses connaissances personnelles et pour les plans de diète qu'il publia sous le titre Perdez du poids à la façon de Satchmo. Le laxatif préféré d'Armstrong dans sa jeunesse était Pluto Water, mais par la suite, il devint un converti enthousiaste lorsqu'il découvrit le remède à base de plantes Swiss Kriss; il en exaltait les vertus à quiconque voulait l'écouter.


Musique
À ses débuts, Louis Armstrong était surtout connu pour sa virtuosité au cornet à pistons et à la trompette. La plus grande interprétation de trompette de ses premières années peut être entendue sur ses disques Hot Five et Hot Seven. Les improvisations qu'il avait faites sur ces disques de jazz Nouvelle-Orléans et de chansons populaires de l'époque, surclassent d'un point de vue actuel celles des autres interprètes de jazz qui lui ont succédé. La précédente génération de musiciens de jazz Nouvelle-Orléans faisait souvent allusion à leurs improvisations comme étant « variant la mélodie » ; les improvisations de Louis Armstrong étaient audacieuses et complexes, avec des touches subtiles et mélodiques. Souvent, il réécrivait les fondements des airs pop qu'il jouait, les rendant ainsi plus intéressants. Sa technique d'interprétation est remplie de mélodies innovantes, joyeuses et inspirées, de bonds créatifs et de rythmes subtilement relâchés ou forts. Le génie de ces morceaux allait de pair avec sa technique musicale, affinée par une pratique continue. Ceci augmenta les tons, la tessiture et d'une manière générale les possibilités offertes par la trompette. Dans ces disques, Louis Armstrong créa quasiment à lui seul le rôle de soliste de jazz, transformant ce qui était à l'origine une musique folklorique collective et en une forme d'art avec des possibilités sensationnelles d'expression individuelle.

Les travaux de Louis Armstrong dans les années 1920 le poussèrent à jouer aux limites extrêmes de ses capacités. Particulièrement, les Hot 5 records ont souvent des fautes mineures et des notes ratées, qui font cependant peu diminuer le plaisir de l'écoute puisque l'énergie de la prestation spontanée se réalise. Dans la moitié des années 1930, il atteint une assurance calme, sachant exactement ce qu'il devait faire et exécutant ses idées à la perfection.

Comme sa musique progressait et gagnait en popularité, ses chansons aussi devenaient importantes. Armstrong n'était pas le premier à enregistrer du chant scat, mais il était magistral en cela et aida à le populariser. Il eu du succès avec son interprétation et son chant scat sur « Heebie Jeebies », et criait « I done forgot the words » au milieu de son enregistrement « I'm A Ding Dong Daddy From Dumas ». De tels disques furent des succès et le chant scat devint une partie essentielle de ses représentations. Longtemps avant cela, néanmoins, Armstrong s'amusait avec ses chants, raccourcissant et rallongeant des phrases, plaçant des improvisations, utilisant sa voix d'une manière aussi créative que sa trompette.

Durant sa longue carrière, il joua et chanta avec les plus importants instrumentistes et chanteurs ; parmi lesquels, le garde-frein chantant singing brakeman Jimmie Rodgers, Bing Crosby, Duke Ellington, Fletcher Henderson, Bessie Smith, mais aussi Ella Fitzgerald.
Son influence sur Bing Crosby est particulièrement importante avec une considération au développement par la suite de la musique populaire : Crosby admirait et copiait Armstrong, comme on peut le constater sur beaucoup de ses premiers enregistrements, notamment « Just One More Chance » (1931). Le « New Grove Dictionary Of Jazz » décrit la dette de Crosby à Armstrong en détail, bien qu'il ne désigne pas explicitement Armstrong par son nom : « Crosby (...) était important dans l'introduction, dans le courant du chant populaire, d'un concept afro-américain de chant comme une extension lyrique de parole, d'élocution (...) Ses techniques – relâchant le poids de son souffle sur les cordes vocales, passant d'un registre où la voix était principale à un registre où elle était faible, utilisant en avant la production pour aider la prononciation marquée, chantant sur les consonnes (une habitude chez les chanteurs noirs), et employant une discrète utilisation des appoggiatures, des mordants et des liaisons pour accentuer le texte – ont été imitées par presque tous les chanteurs populaires ultérieurs. » Armstrong enregistra trois albums avec Ella Fitzgerald: « Ella and Louis », « Ella and Louis Again », et « Porgy and Bess » pour « Verve Records ». Ses enregistrements « Satch Plays Fats » toutes les mélodies « Fats Waller », et « Louis Armstrong Plays W.C. Handy » dans les années 1950 étaient peut-être les dernières de ses grands enregistrements créatifs, mais même les étrangetés comme « Disney Songs the Satchmo Way » ont leurs moments musicaux. Pour la plus grande partie, néanmoins, sa production de plus tard a été critiquée comme étant trop simpliste ou répétitive.

Armstrong eut beaucoup de disques à succès incluant « Stardust », « What a Wonderful World » , « When The Saints Go Marching In » , « Dream a Little Dream of Me », « Ain't Misbehavin », et « Stompin' at the Savoy ». « We Have All the Time in the World » figurait sur la bande sonore du film James Bond « On Her Majesty's Secret Service », et bénéficia de la popularité renouvelée au Royaume-Uni en 1994 quand il figura sur une pub pour Guinness. Celui-ci atteignit le nombre 3 dans les hit-parades des rééditions.

En 1964, Armstrong fit chuter les Beatles du top du hit-parade « Billboard Top 100 » avec « Hello, Dolly », qui donna à l'interprète âgé de 63 ans un record aux USA comme étant le plus vieil artiste à avoir un titre au top du classement. En 1968, Armstrong marqua un dernier succès populaire au Royaume-Uni avec la chanson pop très sentimentale « What A Wonderful World », qui couvrit les hits-parades britanniques pour un mois ; néanmoins, le single ne fut pas du tout un succès en Amérique. La chanson eut un grand succès dans la conscience populaire quand elle fut utilisée en 1987 dans le film « Good Morning, Vietnam », ses rééditions consécutives couvrant beaucoup de hits-parades autour du monde.

Armstrong appréciait beaucoup de types de musiques, du Blues le plus direct aux doux arrangements sirupeux de Guy Lombardo, aux chansons folkloriques latino-américaines, aux symphonies classiques et l'opéra (musique). Armstrong incorpora les influences de toutes ces sources dans ses représentations, rendant parfois perplexes ses fans qui auraient préféré qu'Armstrong reste dans un style plus conformiste. Armstrong fait partie du « Rock and Roll Hall of Fame » en tant que influence majeure.


Mort et héritage
Louis Armstrong mourut d'une attaque cardiaque en 1971 à l'âge de 69 ans, la nuit suivant son célèbre show à l'Empire Room du Waldorf Astoria. Il est enterré au cimetière Flushing à New York, prés de sa dernière demeure à Corona, dans le Queens (New York). L'influence d'Armstrong sur le développement du jazz est sans commune mesure. Son charisme, en tant que divertisseur et personnalité publique, était si fort vers la fin de sa carrière, qu'il éclipsait parfois ses contributions en tant que musicien ou chanteur.

Armstrong était un virtuose de la trompette, avec un son unique et un talent extraordinaire pour l'improvisation. C'est avec son jeu que la trompette est apparue en tant qu'instrument soliste de jazz. Il était également un accompagnateur et un musicien d'ensemble magistral en plus de ses talents extraordinaires de soliste. Avec ses innovations, il a élevé musicalement la barre plus haute pour tous ceux qui viendraient après lui.

Armstrong peut être considéré comme l'inventeur du jazz chanté. Il jouait de sa voix râpeuse si reconnaissable avec une grande maîtrise dans l'improvisation, liant les paroles et la mélodie des chansons de manière particulièrement expressive. Il était également très doué pour le scat, dont il s'est servi pendant l'enregistrement de "Heebie Jeebies" lorsque ses partitions tombèrent au sol et qu'il entonna alors un chant composé d'onomatopées (comme on avait coutume de le faire a la New-Orleans). Si contrairement a l'idée recue, il n'a pas inventé le scat, il fut en revanche le premier a inclure une improvision scat dans un titre.Billie Holiday et Frank Sinatra reprirent ensuite ce principe.

Armstrong fit de la figuration dans plus d'une douzaine de films hollywoodiens mineurs, jouant généralement un chef d'orchestre de jazz ou un musicien. Il fut le premier Afro-Américain à organiser une émission de radio à portée nationale dans les années trente. Il a également fait des apparitions télévisées, particulièrement dans les années cinquante et soixante, et notamment dans The Tonight Show Starring Johnny Carson. Louis Armstrong a une étoile à son nom sur le Walk of Fame d'Hollywood, au 7601 Hollywood Boulevard.

De nombreux enregistrements d'Armstrong continuent à être populaires. Plus de trois décennies après sa mort, de très nombreux enregistrements datant des différentes périodes de sa carrière sont maintenant plus facilement accessibles que lorsqu'il était en vie. Ses chansons sont diffusées et écoutées tous les jours dans le monde entier et sont mises à l'honneur dans des films, des séries télévisées, des publicités et même des dessins-animés ou des jeux vidéo. Fallout 2, notamment, a « A Kiss to Build a Dream on » pour musique d'introduction. Son enregistrement de 1923 avec Joe Oliver et son Creole Jazz Band continue à être écouté comme une référence en matière d'ensembles de jazz Nouvelle-Orléans. Très souvent, néammoins, Armstrong enregistra avec des orchestres standard et guindés, où seul son sublime jeu de trompette est intéressant. « Melancoly Blues », joué par Armstrong et les Hot Seven, fait partie des enregistrements sonores embarqués à bord des sondes Voyager envoyées dans l'espace.

Armstrong pris des dispositions pour qu'après sa mort et celle de sa femme Lucille, une fondation pour l'éducation musicale des enfants défavorisés soit créée, et pour que sa maison et des archives substantielles d'écrits, de livres, d'enregistrements et de souvenirs soit léguées au Queens College de la City University of New York. Les archives Louis Armstrong sont accessibles aux chercheurs en musicologie, et sa maison[2], transformée en musée, a ouvert ses portes au public le 15 octobre 2003.

L'écrivain argentin Julio Cortázar, se décrivant lui-même comme un admirateur d'Armstrong, affirme qu'en 1952, le concert de Louis Armstrong au théâtre des Champs-Élysées à Paris l'a inspiré pour imaginer des créatures appelées Cronopios, sujets de nombre de ses histoires courtes. Cortázar qualifia un jour Louis Armstrong de Grandísimo Cronopio (plus énorme Cronopio).

Le principal aéroport de La Nouvelle-Orléans s'appelle le Louis Armstrong New Orleans International Airport.

# Gepost op zaterdag 02 december 2006, 04u56